En bref
Au solitaire, on joue seul avec 52 cartes sans joker : 28 cartes en sept colonnes, 24 en pioche. On empile dans les colonnes en descendant et en alternant rouge et noir, seul un roi occupe une colonne vide, et l’on gagne en montant les quatre couleurs de l’as au roi. Tirer la pioche carte par carte rend la partie bien plus facile.
Vous trouverez d’abord le matériel et le but, puis la mise en place, les coups permis, ce que change le tirage par une ou par trois, la fin de partie, et le solitaire à billes.
Le matériel et le but
Le solitaire, qu’on appelle aussi réussite ou Klondike, se joue seul, avec un jeu de 52 cartes dont on a retiré les jokers. C’est la plus connue des patiences ; sa présence sur les ordinateurs de Microsoft, dans les années 1990, a beaucoup fait pour sa popularité.
En une phrase : on retourne les cartes cachées en les rangeant dans les colonnes, et l’on gagne quand les quatre couleurs sont montées de l’as au roi, une pile par couleur. Ces quatre piles s’appellent les fondations.
La mise en place : sept colonnes, 28 cartes
La disposition suit un escalier, de gauche à droite. Mélangez le paquet, puis :
- Posez une carte face visible : c’est la première colonne.
- À sa droite, posez une carte face cachée et une carte face visible par-dessus.
- Continuez ainsi jusqu’à la septième colonne : six cartes cachées et une visible.
- Posez les cartes restantes face cachée en un tas : c’est la pioche.
- Gardez au-dessus de la table la place des quatre fondations, vide au départ.
Le compte tombe juste : 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7 font 28 cartes sur la table, et il en reste 24 dans la pioche. Avec un jeu de 32, il n’en resterait que 4 à piocher : la partie n’aurait plus de sens. Le solitaire demande un paquet complet, et ce que contient un jeu de 32 cartes montre ce qui lui manque.

Les coups permis
La règle du jeu du solitaire tient en cinq points :
- dans les colonnes, on pose une carte sur une carte d’une valeur au-dessus et de l’autre couleur : un 9 rouge sur un 10 noir, un 9 noir sur un 10 rouge ;
- on peut déplacer une suite déjà rangée d’un seul bloc, ou seulement le bas de cette suite ;
- quand une carte cachée se retrouve en bas d’une colonne, on la retourne ;
- une colonne vide ne peut recevoir qu’un roi, ou une suite qui commence par un roi ;
- sur les fondations, on monte par couleur : l’as, puis le 2, puis le 3, jusqu’au roi.
Quand plus rien ne bouge sur la table, on tire dans la pioche, et la carte retournée se joue sur une colonne ou sur une fondation. La vidéo ci-dessous montre la mise en place puis les premiers coups, carte par carte.
Tirer par une ou par trois : ce qui change vos chances
Il existe plusieurs façons de tirer la pioche : carte par carte, ou trois cartes à la fois dont seule celle du dessus se joue ; avec un nombre de passages libre, ou limité. Le choix change tout. La fiche anglaise de Wikipédia rassemble plusieurs mesures :
| Situation | Parties gagnées |
|---|---|
| Un programme qui tire carte par carte | 52 % |
| Le même programme qui tire par trois | 18 % |
| Un joueur expérimenté, sur 442 parties | 43 %, soit 189 parties |
| Un seul passage dans la pioche, selon le Hoyle | 1 partie sur 30 |
| Toutes les cartes visibles, tirage par trois | 81,9 % au plus |
Même en voyant toutes les cartes, au moins une partie sur six reste impossible à gagner en tirant par trois. Personne ne connaît la proportion exacte de parties gagnables : un mathématicien, Persi Diaconis, y voit l’un des embarras des probabilités appliquées.
Quand la partie est perdue
La partie est perdue quand aucun coup utile ne reste : la pioche ne donne plus rien de jouable, et les colonnes ne peuvent plus bouger. Le joueur qui retourne la pioche une quatrième fois « pour voir » existe chez tous les amateurs de réussite ; si rien n’a bougé au passage précédent, rien ne bougera.
Le solitaire à billes, l’autre solitaire
Le même nom désigne un casse-tête à billes, décrit dès le Mercure galant d’août 1697. Votre plateau a la forme d’une croix ou d’un cercle ? La réponse change la partie :
- le plateau anglais, en croix, compte 33 trous ; le plateau européen, plus arrondi, en compte 37 ;
- on remplit tous les trous sauf un, souvent celui du centre ;
- une bille saute par-dessus une bille voisine, en ligne droite et jamais en diagonale, jusqu’au trou libre juste derrière, et la bille sautée est retirée ;
- le but est de ne garder qu’une bille, si possible dans le trou vidé au départ.
Sur le plateau anglais, la solution la plus courte tient en 18 coups, en comptant une série de sauts de la même bille comme un seul coup ; elle a été trouvée en 1912 par Ernest Bergholt.
Sur le plateau de 37 trous, partir du trou central ne mène jamais à une seule bille : on finit au mieux avec deux. Ce n’est pas un manque de talent, c’est démontré. Pour finir avec une seule bille, il faut vider au départ un autre trou, et seuls certains le permettent.
Pour votre première partie, tirez la pioche carte par carte
Mettez en place les sept colonnes, tirez la pioche une carte à la fois et sans limite de passages : c’est la version qui se gagne le plus souvent. Une fois les règles en tête, passez au tirage par trois, plus exigeant.
Sources
- Wikipédia en anglais, « Klondike (solitaire) » (révision du 6 septembre 2026) et « Peg solitaire » (révision du 15 septembre 2026).
- Wikipédia en français, « Solitaire (patience) » (révision du 12 mai 2026) et « Solitaire (casse-tête) » (révision du 23 août 2023).

