En bref
Pour les jeux de société à deux, un jeu conçu pour deux tourne mieux qu’un jeu à quatre qu’on adapte. Cinq jeux, de 20 à 30 minutes, dès 8 ou 10 ans. Le bon choix dépend de la soirée : un soir de semaine fatigué ne demande pas le même jeu qu’un dimanche à se gêner.
Pensé pour deux ou adapté, les cinq jeux par tablée, chacun en une phrase, puis le premier soir.
Pensé pour deux ou adapté à deux
En couple ou en duo d’amis, la question revient. Beaucoup de boîtes affichent « 2 à 4 joueurs ». À deux, certaines tournent très bien, d’autres perdent ce qui faisait leur sel : les alliances, le joueur qu’on surveille, le plateau qui se remplit. Un vrai jeu à 2 joueurs est réglé pour ce face-à-face : les mécaniques sont pensées pour deux, sans joueur qui attend son tour en regardant les autres.
Les cinq jeux qui suivent se jouent exclusivement à deux, entre adultes ou avec un ado ; aucun n’est un jeu coopératif ni un jeu d’ambiance. Pour un jeu de cartes sans boîte à acheter, un simple paquet suffit aussi : le jeu de 32 cartes et ce qu’on y joue à deux.
Les cinq jeux, par tablée
| Jeu | Durée | Âge | La tablée visée |
|---|---|---|---|
| Schotten Totten | 20 min | 8 ans | Un soir de semaine, ou un parent avec un enfant |
| Patchwork | 30 min | 8 ans | Deux joueurs qui préfèrent le casse-tête à l’affrontement |
| Jaipur | 30 min | 10 ans | Un couple qui débute, qui aime négocier sans se fâcher |
| Splendor Duel | 30 min | 10 ans | Deux joueurs qui aiment se gêner |
| 7 Wonders Duel | 30 min | 10 ans | Deux joueurs qui veulent plusieurs façons de gagner |
Les durées sont celles des éditeurs et des fiches produit ; pour Patchwork, 30 minutes est la borne haute. La première partie, règles comprises, déborde toujours : prévoyez large, et la revanche en plus. Pour un ado qui hésite entre ces jeux et une tablée plus grande, les jeux de société pour ados prennent l’autre bout de la question.
Chaque jeu en une phrase
Schotten Totten, de Reiner Knizia. En une phrase : on pose des cartes face aux bornes alignées entre les deux joueurs pour y former les meilleures combinaisons de trois, et le premier qui tient trois bornes voisines ou cinq dispersées gagne. Pas pour qui veut une stratégie au long cours.
Patchwork, d’Uwe Rosenberg. On assemble des pièces de tissu, sous forme de tuiles, pour remplir sa couverture : on gagne avec les boutons, et chaque case laissée vide coûte des points. Le duel est discret : on surveille surtout ce que l’autre pourrait prendre. À éviter pour une tablée qui cherche la confrontation.
Jaipur, de Sébastien Pauchon. Deux marchands échangent au marché et vendent leurs marchandises ; le premier à remporter deux sceaux d’excellence gagne. Règles courtes, choix serrés. Il convient mal à qui s’agace d’une part de hasard dans la pioche.
Splendor Duel, de Bruno Cathala et Marc André. On collecte gemmes et perles pour acheter des cartes, et on gagne au passage des faveurs royales et du prestige. La version à deux de Splendor ajoute beaucoup d’interaction, comme le montre cette sélection en vidéo :
7 Wonders Duel, d’Antoine Bauza et Bruno Cathala, chez Repos Production (2015). Trois façons de gagner : la science, la conquête militaire ou la civilisation la plus développée. Le plus riche des cinq, avec une forte rejouabilité. Déconseillé pour un premier jeu ou pour un soir où l’un des deux n’a pas envie de réfléchir.
Pour un premier soir
- choisir selon le temps réel, explication des règles comprise ;
- commencer par Schotten Totten ou Jaipur si l’un des deux joue rarement ;
- lancer un premier tour à blanc, le temps de vérifier qu’on a compris la même chose ;
- garder 7 Wonders Duel pour le jour où la revanche se réclame d’elle-même.
Sources
- Iello, fiche « Schotten Totten »
- Space Cowboys, fiches « Splendor Duel » et « Jaipur »
- Galaxus, fiche produit « 7 Wonders Duel » (Repos Production), âge et durée
- Analog.games, fiche « Patchwork » (2014)

